Exploration verticale

Les profondeurs

De la surface baignée de soleil aux fosses les plus sombres du globe : cinq zones, chacune avec ses propres règles de lumière, de pression et de vie.

Zone épipélagique
Profondeur
0 m

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0–200 m

Zone épipélagique

La zone éclairée : la lumière du soleil y pénètre suffisamment pour permettre la photosynthèse. C'est ici que vit la grande majorité des espèces marines connues.

Lumière : Lumière solaire abondante
Température : 12 à 30°C
Pression : 1 à 20 atm

6 espèces représentatives (sur 66 au total)

0–20 m

Anémone de mer géante hébergeant un poisson-clown rose
Danger faible

Anémone de mer géante

Heteractis magnifica

Anémone de mer géante

Hôtesse de nombreux poissons-clowns qui la rendent immunisée à ses propres piqûres, elle peut vivre plusieurs décennies au même endroit sans jamais se déplacer.

🌊 0–20 m

  • ⚡ Peut vivre plusieurs décennies au même endroit sans jamais se déplacer
  • ⚡ Entretient une symbiose avec le poisson-clown qui la protège en retour de certains prédateurs
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0–30 m

Forêt de kelp géant vue du dessous, vers la surface
Sans danger

Kelp géant

Macrocystis pyrifera

Kelp géant

Peut-être l'organisme dont la croissance est la plus rapide sur Terre, le kelp géant peut gagner plus de 60 centimètres par jour et bâtir, en quelques mois, une véritable forêt sous-marine.

🌊 0–30 m

  • ⚡ Peut grandir de plus de 60 cm par jour, l'un des rythmes de croissance les plus rapides du vivant
  • ⚡ Forme des forêts sous-marines qui abritent une biodiversité comparable à celle d'un récif corallien
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0–300 m

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Phoque léopard près de la banquise antarctique
Danger modéré

Phoque léopard

Hydrurga leptonyx

Phoque léopard

Principal prédateur de l'Antarctique après l'orque, reconnaissable à sa tête reptilienne et sa mâchoire immense, capable de chasser aussi bien des manchots que d'autres phoques.

🌊 0–300 m

  • ⚡ Peut à la fois filtrer le krill et chasser de grosses proies comme un manchot ou un jeune phoque
  • ⚡ Un des rares phoques connus à s'attaquer activement à d'autres phoques
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0–150 m

Requin bouledogue en eaux côtières
Danger élevé

Requin bouledogue

Carcharhinus leucas

Requin bouledogue

Seul grand requin capable de survivre en eau douce pendant de longues périodes, il a été retrouvé à plus de 4000 km en amont dans l'Amazone.

🌊 0–150 m

  • ⚡ Seul grand requin capable de survivre durablement en eau douce, retrouvé loin en amont de grands fleuves
  • ⚡ Technique de chasse par percussion avant la morsure
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1–35 m

Herbier de posidonie photographié à Portofino, Italie
Sans danger

Posidonie de Méditerranée

Posidonia oceanica

Posidonie de Méditerranée

Certains herbiers de posidonie forment un seul et même organisme clonal vieux de plus de 100 000 ans, ce qui en ferait l'un des êtres vivants les plus anciens de la planète.

🌊 1–35 m

  • ⚡ Un même individu clonal pourrait être vieux de plus de 100 000 ans, l'un des êtres vivants les plus anciens connus
  • ⚡ Capte jusqu'à 15 fois plus de CO2 par hectare qu'une surface équivalente de forêt amazonienne
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150–700 m

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Cœlacanthe photographié au large de Pumula, Afrique du Sud
Sans danger

Cœlacanthe

Latimeria chalumnae

Cœlacanthe

On le croyait éteint depuis 65 millions d'années, aux côtés des dinosaures, jusqu'à sa redécouverte spectaculaire en 1938 au large de l'Afrique du Sud.

🌊 150–700 m

  • ⚡ Considéré comme éteint depuis 65 millions d'années jusqu'à sa redécouverte en 1938
  • ⚡ Nageoires charnues qui bougent comme des membres, proches de l'ancêtre des premiers vertébrés terrestres
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200–1000 m

Zone mésopélagique

La zone crépusculaire. La lumière décline rapidement et disparaît. C'est ici qu'apparaissent les premières espèces bioluminescentes.

Lumière : Lumière crépusculaire, disparaît totalement vers 1000 m
Température : 4 à 12°C
Pression : 20 à 100 atm

4 espèces représentatives (sur 26 au total)

300–1200 m

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Baudroie abyssale et son leurre bioluminescent
Sans danger

Baudroie abyssale

Melanocetus johnsonii

Baudroie abyssale

Chasse dans l'obscurité totale grâce à un leurre bioluminescent suspendu au-dessus de sa gueule, et pratique l'une des reproductions les plus étranges du règne animal : le mâle, minuscule, finit par fusionner avec la femelle.

🌊 300–1200 m

  • ⚡ Pêche avec un leurre bioluminescent produit par des bactéries symbiotiques
  • ⚡ Parasitisme sexuel extrême : le mâle fusionne physiquement et vasculairement avec la femelle
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300–1000 m

Calmar géant échoué, Ranheim, Norvège
Danger faible

Calmar géant

Architeuthis dux

Calmar géant

À l'origine du mythe du Kraken pendant des siècles, c'est l'une des plus grandes créatures invertébrées connues, jamais filmée vivante dans son habitat naturel avant 2004.

🌊 300–1000 m

  • ⚡ Les plus grands yeux du règne animal (jusqu'à 27 cm de diamètre)
  • ⚡ Sang bleu à base de cuivre, adapté au transport d'oxygène dans l'eau froide et profonde
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500–3000 m

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Anguille pélican et sa bouche démesurée
Sans danger

Anguille pélican

Eurypharynx pelecanoides

Anguille pélican

Dotée d'une bouche démesurée capable de se distendre pour avaler des proies bien plus grosses qu'elle, elle compense sa mauvaise vue par une queue bioluminescente utilisée comme leurre.

🌊 500–3000 m

  • ⚡ Peut avaler des proies bien plus grosses que sa propre taille grâce à un estomac extensible
  • ⚡ Possède un organe lumineux au bout de la queue utilisé comme leurre
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600–1200 m

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Illustration scientifique du calmar vampire
Sans danger

Calmar vampire

Vampyroteuthis infernalis

Calmar vampire

Malgré son nom terrifiant, « calmar vampire de l'enfer », c'est une créature paisible qui ne chasse pas mais filtre les débris organiques flottant dans l'obscurité totale.

🌊 600–1200 m

  • ⚡ Produit un nuage de mucus bioluminescent à la place de l'encre pour échapper aux prédateurs
  • ⚡ Peut retourner sa membrane comme une cape hérissée de fausses épines
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1000–4000 m

Zone bathypélagique

Aucune lumière solaire n'y parvient jamais. La seule lumière est celle produite par les organismes eux-mêmes.

Lumière : Obscurité totale
Température : 2 à 4°C
Pression : 100 à 400 atm

4 espèces représentatives (sur 15 au total)

1000–7000 m

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Pieuvre Dumbo et ses nageoires en forme d'oreilles
Sans danger

Pieuvre Dumbo

Grimpoteuthis sp.

Pieuvre Dumbo

Le céphalopode vivant observé aux plus grandes profondeurs jamais enregistrées : il doit son nom à ses deux nageoires en forme d'oreilles rappelant l'éléphant de Disney.

🌊 1000–7000 m

  • ⚡ Céphalopode observé aux plus grandes profondeurs jamais enregistrées, jusqu'à environ 7000 m
  • ⚡ Nage en battant deux nageoires en forme d'oreilles, une technique unique chez les pieuvres
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1500–2500 m

Crabe yeti près d'une source hydrothermale (campagne Ifremer)
Sans danger

Crabe yeti

Kiwa hirsuta

Crabe yeti

Découvert seulement en 2005 près de l'île de Pâques, ce crabe des grands fonds cultive littéralement des bactéries sur ses pinces poilues pour s'en nourrir.

🌊 1500–2500 m

  • ⚡ Cultive littéralement des bactéries sur ses propres pinces pour s'en nourrir
  • ⚡ Peut former des agrégations extrêmement denses, plusieurs centaines d'individus par mètre carré
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1500–3500 m

Ver de Pompéi photographié sur fond noir
Sans danger

Ver de Pompéi

Alvinella pompejana

Ver de Pompéi

Ce ver tolère l'un des gradients thermiques les plus extrêmes du règne animal, sa queue plongée dans une eau à plus de 50 °C pendant que sa tête respire à peine à 20 °C, à quelques centimètres de distance.

🌊 1500–3500 m

  • ⚡ Supporte un gradient de température extrême sur son propre corps : queue à plus de 50 °C, tête à environ 20 °C, à quelques centimètres d'écart
  • ⚡ « Cultive » sa propre isolation vivante, un feutrage de bactéries thermorésistantes sur son dos qui le protège et le nourrit
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1500–2500 m

Colonie de vers tubicoles géants près d'une source hydrothermale (campagne Ifremer)
Sans danger

Ver tubicole géant

Riftia pachyptila

Ver tubicole géant

Dépourvu de bouche, d'estomac et d'anus, il vit exclusivement grâce à des bactéries symbiotiques qui transforment le poison des sources hydrothermales en énergie.

🌊 1500–2500 m

  • ⚡ Vit sans bouche ni estomac, entièrement nourri par des bactéries symbiotiques internes
  • ⚡ Son hémoglobine transporte à la fois l'oxygène et un poison mortel sans dommage, une prouesse biochimique unique
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4000–6000 m

Zone abyssopélagique

Les plaines abyssales. Pression écrasante, température proche de zéro, vie rare mais adaptée à des conditions extrêmes.

Lumière : Obscurité totale
Température : 0 à 2°C
Pression : 400 à 600 atm

6000 m et au-delà

Zone hadale

Les fosses océaniques. Le domaine le moins exploré de la planète, jusqu'à plus de 11 000 m à la fosse des Mariannes.

Lumière : Obscurité totale
Température : 1 à 4°C
Pression : 600 à plus de 1100 atm

2 espèces représentatives (sur 3 au total)

6198–8076 m

Pseudoliparis swirei, poisson-limace des Mariannes, échelle 5 cm
Sans danger

Poisson-limace des Mariannes

Pseudoliparis swirei

Poisson-limace des Mariannes

Le poisson vivant observé à la plus grande profondeur jamais confirmée avec certitude, découvert en 2014 puis officiellement décrit en 2017 dans la fosse des Mariannes, à près de 8000 m sous la surface.

🌊 6198–8076 m

  • ⚡ Poisson vivant observé à la plus grande profondeur jamais confirmée, jusqu'à environ 8000 m
  • ⚡ Ses cellules sont protégées de l'écrasement par une molécule (TMAO) qui stabilise ses protéines sous une pression extrême
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6800–10935 m

Hirondellea gigas, amphipode des fosses hadales
Sans danger

Amphipode géant des abysses

Hirondellea gigas

Amphipode géant des abysses

Un crustacé charognard qui prospère dans l'obscurité totale du point le plus profond des océans, capable de digérer même du bois englouti grâce à une enzyme unique.

🌊 6800–10935 m

  • ⚡ Vit jusqu'à près de 10 935 m de profondeur, l'un des animaux connus vivant le plus profondément sur Terre
  • ⚡ Produit une enzyme (cellulase) capable de digérer du bois englouti, une capacité exceptionnelle chez un crustacé
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